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RD Congo: Trop tôt pour s’en aller

Policy recommendations
  • Les Etats-Unis, l’Union européenne, et d’autres gouvernements des pays donateurs clés doivent impliquer davantage le gouvernement congolais afin de l’encourager à s’engager à protéger ses propres citoyens par le biais de réformes efficaces dans les domaines de la sécurité et de la justice.
  • Vu l’ampleur et la complexité de la crise humanitaire actuelle en RDC ainsi que l’instabilité potentielle en raison des prochaines élections, le poste de Coordonateur humanitaire des Nations unies devrait être distinct de celui de Coordonateur résident.
  • Le HCR doit redistribuer ses ressources et son attention afin de mieux venir en aide et protéger les déplacés internes congolais, leur nombre étant systématiquement très élevé, tandis que celui des refugiés qui décident de retourner au pays reste faible.
  • Le Coordonnateur humanitaire des Nations unies doit exiger du cluster protection qu’il prépare un plan de contingence afin de pouvoir faire face à une déstabilisation potentielle en raison des prochaines élections. Des approches spécifiques visant à améliorer la protection des civils et des personnes déplacées en particulier doivent être élaborées.
  • Les Etats-Unis doivent prolonger leur soutien financier pour le renfort du personnel du HCR dans le domaine de la protection, et d’autres bailleurs de fonds doivent prendre exemple sur eux.
  • Les Etats-Unis et d’autres pays donateurs clés doivent continuer à soutenir d’une part les programmes humanitaires en matière de lutte contre les violences sexuelles, et d’autre part la Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre du gouvernement congolais.
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L’intérêt de la communauté internationale à l’égard la République démocratique du Congo (RDC) diminue. Pourtant, des centaines de milliers de Congolais sont toujours déplacés en raison de la violence actuelle. Ce changement d’attitude risque de gâcher les efforts considérables investis afin d’amener paix et stabilité en RDC, et cela expose les déplacés internes à davantage de violence et souffrances. Le soutien politique et financier continu des Etats-Unis et d’autres pays donateurs reste essentiel si l’on veut combattre à la fois les causes du problème et les besoins d’urgence, a fortiori dans le contexte des élections.

Certains changements sont cruciaux en matière de protection de la population, et des manques sont à combler au niveau de l’assistance aux personnes déplacées. Les pays donateurs doivent exercer suffisamment de pression pour que ces changements aient lieu. Afin de diminuer le niveau d’insécurité qui ne cesse d’augmenter en raison des tentatives de reconfiguration de l’armée nationale congolaise, il est nécessaire d’insister pour que le gouvernement congolais entreprenne des réformes efficaces dans le domaine de la sécurité. Des centaines de milliers de personnes déplacées pourront bénéficier de meilleure assistance et protection si le montant des fonds destinés à l’aide humanitaire augmente et que le HCR redistribue ses ressources de manière appropriée. Enfin, il faut continuer de soutenir les initiatives importantes visant à s’attaquer aux atroces incidents de violence sexuelle ainsi qu’aux besoins plus larges de protection des femmes et des communautés.

CONCLUSION

Dans les Kivus, les citoyens congolais, particulièrement le million de personnes déplacées, continuent d’être confrontés à des risques importants, qu’il s’agisse de viol ou d’autres formes de violence. Les lacunes qui existent toujours au niveau de l’assistance empirent cette situation. Cependant, la réponse à cette insécurité qui semble être interminable, réside dans la réforme fondamentale et profonde de l’armée congolaise, les FARDC. De la même manière, la réforme du secteur judiciaire est également cruciale si l’on veut pouvoir mettre fin à une culture d’impunité grâce à laquelle les auteurs de violences sexuelles ou d’autres formes de violence règnent librement. Dans l’entre-temps, la communauté humanitaire doit concentrer ses initiatives sur la protection des personnes déplacées et consolider les progrès déjà accomplis en matière de prévention et réponse aux violences sexuelles. Malgré les défis actuels, la RD Congo a avancé sur le chemin de la stabilité au cours de cette dernière décennie. L’approche des élections démocratiques représente une bonne opportunité pour continuer à aider le peuple congolais à progresser vers une ère plus paisible.

Melanie Teff et Peter Orr ont évalué la situation des personnes déplacées à l’est du Congo en juin 2011.

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